L’ÉDUCATION COMME VOIE D’ÉMANCIPATION DANS UNE SI LONGUE LETTRE DE MARIAMA BÂ: UNE LECTURE FÉMINISTE DE LA QUÊTE D’AUTONOMIE DE LA FEMME AFRICAINE.

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Une si longue lettre retrace la confession intime de Ramatoulaye, une veuve sénégalaise qui écrit à son amie Aïssatou après la mort de son mari, Modou Fall. Cette période de retraite forcée devient un moment de réflexion profonde, au cours duquel elle revisite les étapes majeures de sa vie. Dès le début, elle dévoile une voix lucide et blessée qui cherche à comprendre les choix personnels et les contraintes sociales qui ont marqué son existence. Ramatoulaye évoque d’abord son mariage fondé sur l’amour et la confiance. Toutefois, cette harmonie se brise lorsque Modou choisit d’épouser une seconde femme, beaucoup plus jeune, sans informer sa première épouse. Cette trahison la condamne à élever seule leurs douze enfants et à affronter les préjugés liés à la polygamie. À travers cette expérience, elle révèle la solitude, l’injustice et la résilience auxquelles de nombreuses femmes sont confrontées. En parallèle, elle raconte le parcours d’Aïssatou, qui a vécu une humiliation similaire lorsque son mari a accepté un second mariage imposé par sa mère. Contrairement à Ramatoulaye, Aïssatou refuse la souffrance silencieuse : elle divorce, poursuit son indépendance et reconstruit sa vie. La comparaison entre les deux femmes expose différentes formes de résistance, toutes guidées par le désir de préserver leur dignité. La narratrice aborde également les défis de la maternité, marquée par les responsabilités, les inquiétudes et la volonté d’offrir une éducation équilibrée à ses enfants. Elle tente d’unir tradition et modernité tout en restant attentive à leur évolution. À la mort de Modou, Ramatoulaye reçoit une proposition de lévirat qu’elle rejette fermement. Elle refuse aussi l’offre de mariage de Daouda Dieng, préférant choisir la liberté après tant d’épreuves. Ce refus symbolise son affirmation personnelle et sa quête d’autonomie. À travers cette œuvre, Mariama Bâ met en relief la condition féminine, la polygamie, l’amitié, l’éducation et l’émancipation. La lettre de Ramatoulaye devient un espace de vérité qui révèle la force morale des femmes et leur capacité à transformer la souffrance en affirmation de soi. Le roman apparaît ainsi comme un plaidoyer pour la dignité, la liberté et la solidarité féminine.
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